L'alose, la reine des fêtes
Les pêcheurs au tioup d'Audon sont aussi de fins cordons bleus et le démontrent à chaque Fête de l'alose.
PHOTO G. B.
« On a dû (encore) refuser 200 personnes au guichet », déplorait Laurent Labat, le président du Comité vendredi soir, à l'issue des agapes qui ont rassemblé 700 convives.
Heureusement pour lui, Jean-Louis, le Dacquois, a été repêché in extremis : « On m'a accepté au dernier moment, mais on m'a prévenu que je ne serai pas à côté de ma femme, c'était à prendre ou à laisser. » Vu l'ardeur avec laquelle le gourmet a englouti, nonobstant les arêtes, les quatre tranches bien grillées, accompagnées de leurs œufs, sans pour autant négliger de s'attaquer à l'entrecôte, cet éloignement conjugal provisoire ne lui a pas coupé l'appétit. D'autant que Jean-Louis s'est retrouvé au milieu des huiles, dont Joël Goyheneix - le maire de sa belle-mère rionnaise Loly -, ainsi que le premier magistrat d'Audon, Roland Tastet et ses homologues de Tartas, Jean-François Broquères et Gouts, Claude Gensous.
Un pass gastronomique ?
L'occasion pour le président pontois de l'Office de tourisme communautaire, Dominique Urolatégui, de lancer l'idée d'un pass gastronomique : « La plupart des villages du Pays tarusate ont une identité gastronomique forte qu'ils promotionnent à travers la fête ; à Pontonx, c'est l'asperge, ici, l'alose, ailleurs la poule au pot, l'anguille ou le poulet à l'oignon ; il y a de quoi visiter bien des plats du terroir et attirer les touristes, amateurs de bonne chère. » Une idée à creuser que n'a pas désavouée Bernard Dehez, le Rionnais, président de l'Amicale des fêtes des deux cantons de Tartas.
Pendant que les discussions allaient bon train, Los Nulos, de Mugron, faisaient monter l'ambiance au zénith. Derrière les grills géants, on s'affairait comme jamais. « Nous avons sacrifié 300 kg d'alose en provenance de Saubusse car elles ne remontent quasiment plus jusqu'à Audon, en raison de la pêche intensive pratiquée dans le Bas-Adour par les inscrits maritimes », commentait Jean-Marc Dutouya, un pêcheur du cru, ruisselant de transpiration, à l'image de Julot, l'un des préposés aux grillades. En tout, le Comité mobilise 70 bénévoles pour assurer en cuisine et au service. « Cette année, il y a même un Suisse et un Clermontois à table », plaisante Bernard Fernandez, l'ancien président, toujours dans le jus et qui fut l'inventeur du concept de cette fête, il y a déjà 7 ans.
Un seul regret, que Gaby, à l'Auberge des cinq platanes, sise au carrefour de… l'Alose, ne puisse plus perpétuer une tradition gastronomique séculaire.